Cinq à sept

Je me suis fait avaler par le frigidaire souvent. Vous savez comment ça se passe: vous rentrez chez vous. Vous ne pensez à rien. Vous vous dirigez vers votre cuisine et vous ouvrez le frigidaire. Vous contemplez son intérieur avec des yeux vitreux. Ça dure plusieurs secondes. Vous vous rendez compte que rien, du contenu de votre frigidaire, ne vous convient réellement, parce qu'en fait, vous ne savez pas ce que vous voulez. En fait, vous ne savez même pas pourquoi vous êtes là. C'est à ce moment-là que votre frigidaire vous avale.

Vous le refermez, mais le mal est fait. Vous vous sentez incroyablement démuni devant votre frigidaire refermé. Vous voulez faire autre chose, mais vous ne savez pas quoi. Le silence vous perturbe. Même le frigidaire a arrêté son chant d'ordinaire incessant. C'est dire.

Heureusement, c'est à ce moment-là, juste avant d'être complètement avalé par votre frigidaire, que vous pensez à une solution. Vous ouvrez de nouveau votre frigidaire qui vous contemple toujours d'un oeil torve, mais cette fois, vous réagissez. Vous saisissez la bière qui traîne à l'horizontal sur l'étage inférieur. Vous êtes sauvé.

Vous appelez ça un cinq à sept.