Changer la face du monde
C'est l'heure de pointe dans le métro et, comme toujours, le monde est gris et terne. Les visages sont éteints et les regards fuyants sous l'éclairage froid. Je me dis que plus il y a d'humains dans un espace restreint, moins il y a d'humanité.
Mais cette fois-ci, je ne suis pas seule et j'aimerais avoir une caméra cachée pour filmer ce que je vois. Mon bébé contre moi, visage tourné vers les autres, sourit généreusement à qui tombe sous la chaleur de son regard curieux. Il dépose son attention sur ceux qui l'entourent avec précision et insistance, et il sourit. À tout le monde: au punk, au vieux, à la femme voilée, au motard tatoué, à la grosse jeune fille, à l'enfant de trois ans, à l'étudiante surmenée, au retraité déprimé, au noir, au blanc.
Le métro s'anime, comme dans «le métro reprend vie, reprend âme». Ce que je vois est merveilleux. Sourires soudains, grimaces et mimiques, rires, visages pleins de surprise puis béats de bonheur, airs rébarbatifs rapidement démolis par l'insistance magnifique du sourire entier et radieux du nouveau centre du monde.
Moi, la mère invisible, je ris sous cape, et rentre chez moi au soleil de mai avec la délicieuse impression d'avoir changé la face du monde.
Mais cette fois-ci, je ne suis pas seule et j'aimerais avoir une caméra cachée pour filmer ce que je vois. Mon bébé contre moi, visage tourné vers les autres, sourit généreusement à qui tombe sous la chaleur de son regard curieux. Il dépose son attention sur ceux qui l'entourent avec précision et insistance, et il sourit. À tout le monde: au punk, au vieux, à la femme voilée, au motard tatoué, à la grosse jeune fille, à l'enfant de trois ans, à l'étudiante surmenée, au retraité déprimé, au noir, au blanc.
Le métro s'anime, comme dans «le métro reprend vie, reprend âme». Ce que je vois est merveilleux. Sourires soudains, grimaces et mimiques, rires, visages pleins de surprise puis béats de bonheur, airs rébarbatifs rapidement démolis par l'insistance magnifique du sourire entier et radieux du nouveau centre du monde.
Moi, la mère invisible, je ris sous cape, et rentre chez moi au soleil de mai avec la délicieuse impression d'avoir changé la face du monde.